Chapitre 5

De l’entrepôt au bâtiment passif : les différentes peaux du comptoir privé

Fort de son succès, l’entrepreneur passe en société, engage du personnel, loue un entrepôt, produit des basiques à prix intéressants puis déménage le comptoir, d’abord dans un ex-garage Renault à Etterbeek, puis près de Meiser, dans les anciens bâtiments de Philips à l’abandon. « Nous avons retapé les lieux en préservant le look industriel. En 2000, nous avons ouvert un deuxième point de vente, dans les anciennes papeteries de Genval. Un endroit chaleureux, dont on a conservé les poutres et les murs en brique, ajoutant des éléments en bois et une chape de béton, dans l’esprit loft — une autre de mes passions. J’ai d’ailleurs mené, parallèlement au projet Caméléon, une activité d’achat et de transformation d’anciens bâtiments industriels en lofts, activité que j’ai cédée en 2001 pour injecter du liquide dans la société. »

Au fil du temps, des points de vente Caméléon ouvrent leurs portes dans toute la Belgique. « Nous avons eu des comptoirs à Ixelles, Knokke, Gand, Anvers, Courtrai, Tournai et Liège. L’un d’eux fonctionnait ? On essayait ailleurs. C’est finalement devenu ingérable, néanmoins, et cela dénaturait le concept. Nous avons dû les fermer l’un après l’autre, certains pour des raisons de rentabilité, d’autres parce que le bail était précaire. »

« En 2008, alors que le bail de location du comptoir de Meiser arrivait à son terme, nous avons décidé de trouver rapidement un terrain, un financement, et de construire un bâtiment. » Mais pas n’importe lequel. Jean-Cédric van der Belen s’intéresse depuis 10 ans aux bâtiments durables, à une époque où seuls quelques initiés en parlent. « J’étais allé voir ce qui se faisait en la matière dans le Tyrol italien, en Autriche, en Allemagne. Nous avons inventé ce qu’on appelle le free cooling, un système qui m’a été inspiré par la façon dont les Égyptiens concevaient la ventilation de leurs constructions. » 

 

Le chantier commence en 2008 : un défi! Tout est mis en œuvre pour édifier le bâtiment le plus passif qui soit : matériaux durables, orientation, isolation, éclairage et ventilation naturelles, panneaux solaires, toit vert… Et ce, avec un budget et un timing serrés. « Heureusement, nous avons pu compter sur l’aide de la SDRB pour le terrain, de la SRIB pour le financement et du service public régional Économie de la Région de Bruxelles-Capitale. Preuve que, si l’on va chercher les soutiens, on peut les obtenir ! »