Chapitre 4

Fournisseurs, clients et riverains : tous sont au centre de l’attention de Caméléon

Je me suis accordé avec le styliste Guillaume Thys, qui possédait un hôtel de maître situé rue des Drapiers et doté d’un grand parking. Cette fois, j’ai visé plus haut, invitant ambassades et rallyes. Ma première vente avait fait parler d’elle dans le Triangle et j’avais pu réunir de la belle marchandise, des marques telles que Romeo Gigli, Jean-Paul Gaultier et tout le stock de Private Collection, la marque de Guillaume Thys, très connue à l’époque.

 

Le comptoir Caméléon de Woluwe, premier magasin écoconstruit d’Europe, est inauguré en mars 2009. Au-delà du projet écologique, la dimension d’enracinement et de participation à la vie du quartier s’exprime à travers l’hébergement d’une crèche communale dans le bâtiment, l’installation sur le toit de ruches et, plus récemment, de potagers collectifs qui profitent aux riverains. « Nous contribuons aussi au financement des bibliothèques des écoles environnantes. Ces éléments ont été inclus à la demande de permis de bâtir, qui a été délivré en moins de six mois. »

Ces dernières années, Caméléon s’est recentré sur ses points de vente, qui continuent à tourner autour des 25 à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels. Ce qui ne change pas non plus, c’est l’attention portée par Jean-Cédric et ses équipes à la prospection des fournisseurs. « Appels, prises de rendez-vous, fréquentation des salons et foires en Italie, France, Allemagne, Scandinavie et Espagne, notamment, sont primordiaux. Nous disposons de plaquettes qui expliquent le projet dans son ensemble, y compris son aspect écologique, auquel certaines marques sont sensibles et souhaitent s’associer. » Par ailleurs, les chantiers successifs entamés à Bruxelles ont influencé négativement l’activité de Caméléon. « Viaduc Reyers, tunnel Montgomery, boulevard de la Woluwe : une série dommageable pour l’entreprise… Même si, à long terme, nous souhaitons évoluer vers une ville différente, en tant qu’entrepreneur, il nous faut subir ces changements inattendus et brutaux, ainsi que leur effet délétère sur les rentrées — de l’ordre de 15 %. Un élément pourrait heureusement changer la donne : l’arrivée future du tram sur le boulevard et son extension prévue vers une zone encore plus proche de notre enseigne. C’est en tout cas ce qu’a avancé le responsable mobilité que nous avons contacté. »