Chapitre 3

Vente en ligne et Internalisation des opérations internet : échouer pour mieux rebondir

« Au début, je listais les coordonnées des membres à la main. Trois à quatre mille, cela fait beaucoup. Et le fichier ne cessait de s’agrandir, les membres invités pouvant parrainer quelqu’un. J’ai donc investi dans un ordinateur : 80 000 francs, une somme gigantesque! J’ai engagé un informaticien — alors étudiant et aujourd’hui actionnaire de Caméléon — afin d’encoder les fichiers clients. »

 

« Au début des années 2000, on m’a conseillé de lancer le concept sur le net. Vu l’éclatement de la bulle internet, nous avons retardé ce projet jusqu’à la fin de 2007. » Les ventes en ligne commencent à décoller l’année suivante, avant de connaître une forte croissance dès 2009.

« Au cours des années de croissance qu’a connues Caméléon de 2008 à 2012, la société a bouillonné d’énergie. La branche internet a généré grosso modo un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros et la branche physique tout autant. » L’entreprise compte alors 260 employés et les récompenses pleuvent. Puis les difficultés se présentent. La construction du bâtiment de Woluwe et le lancement des activités internet ont été opérés en même temps. Si, au départ, Caméléon sous-traite la logistique des opérations internet, la société décide de prendre en charge cette partie du travail et se dote d’un entrepôt de 10 000 m2. « Une erreur. Ce n’était pas notre métier.

 

À partir de la fin de 2013, nous avons connu un ralentissement de la croissance et sommes entrés dans une déroute financière. Les prévisions de croissance ne se sont pas confirmées dans les faits, ce qui a impacté les coûts. Nous avons dû passer par une phase de réorganisation et vendre la branche internet, reprise par un concurrent avec une partie du personnel. Malgré les décisions douloureuses qui ont été prises, l’esprit d’entraide et d’écoute entre les employés est resté fort. »

« Nous sommes revenus à notre concept de départ, mais avec l’idée de faire évoluer cette situation. Un projet visant à dynamiser notre présence sur l’internet et les réseaux sociaux est à l’ordre du jour. Pour l’instant, nous finalisons notre phase de stabilisation, mais nous sommes à l’affût de nouveaux axes de croissance. À partir de l’expérience acquise, nous nous montrerons particulièrement prudents en termes d’approche et de croissance. Nous prévoyons d’entamer, début 2018, une réflexion approfondie sur l’opportunité d’ouvrir un nouveau point de vente en Flandre, ainsi qu’un autre dans le sud de Bruxelles. »